REMBRANDT VAN RIJN
Rembrandt van Rijn est né à Leyde le 15 juillet 1606.
Leyde est fière de Rembrandt et souhaite le faire savoir.
C’est pourquoi les Journées Rembrandt de Leyde sont organisées chaque année dans un cadre authentique du XVIIe siècle. L’entrée est gratuite.
Le samedi 11 et le dimanche 12 juillet 2026, les quartiers de Pieterswijk et d’Academiewijk, les plus anciens de Leyde, seront recréés dans le style du XVIIe siècle.
Les visiteurs sont toujours les bienvenus dans la magnifique ville de Leyde, et plus particulièrement pendant les Journées Rembrandt de Leyde.
Vous trouverez ci-dessous les résumés des pièces présentées lors des Journées Rembrandt de Leyde 2026 :
• La Farce du Meunier (Lieu : Pieterskerkplein)
• Le Meurtre du frère de Richard Teirill (Lieu : Pieterskerkgracht)
• Teint dans la laine (Lieu : Rapenburg)
• Les Trois Rembrandt (Lieu : Gerecht)
• Le Monde entier était et est à lui (Lieu : Rapenburg, angle Scheepmakersteeg)
• La Maison de Jan Steen (Lieu : Pieterskerkhof, angle Pieterskerk-Choorsteeg)
• Ce qui ronge le troupeau à Leyde (Lieu : Gerecht)
Résumé de « La Farce du Meunier »
L’assistant du meunier, Joost den Draaier, présente l’histoire qui se déroule au moulin De Put à Leyde. Joost révèle immédiatement sa liaison secrète avec Aeltje, la femme du meunier Slimme Piet, lorsque ce dernier part pêcher l’anguille la nuit. Un soir, Trijntje arrive d’Amsterdam trop tard, les portes de la ville étant déjà fermées. Elle demande l’hospitalité au moulin, et Slimme Piet lui propose aussitôt de dormir gratuitement sur les sacs de farine. Espérant profiter de sa gratitude, Piet appelle sa femme Aeltje pour qu’elle lui apporte des couvertures et un oreiller.
Cependant, Aeltje se méfie de la prétendue générosité de son mari et avertit Trijntje que Piet a l’intention de l’humilier. Pour donner une leçon au meunier, les deux femmes décident d’échanger secrètement leurs places pour la nuit. Aeltje passe la nuit au moulin, tandis que Trijntje dort dans le lit conjugal du meunier. Cette nuit-là, Piet revient déguisé en homme et partage, sans le savoir, le lit de sa femme dans le moulin plongé dans l’obscurité. Pendant ce temps, Joost, le valet de ferme, se faufile jusqu’à la chaumière pour coucher avec Aeltje, mais il y trouve la bruyante Trijntje. Choqué, Joost tente de s’enfuir, mais un pot de chambre plein lui est jeté au visage et il est blessé. Au même moment, Aeltje démasque Piet au moulin et le frappe violemment à la tête avec un balai. Furieuse, Aeltje fait comprendre à son mari que le trompeur a été trompé et qu’il a couché avec sa propre femme.
En guise de punition pour son infidélité, le meunier doit dormir dans les champs pendant un mois. Finalement, Joost conclut que le malin Piet n’était finalement pas si malin.
Résumé : « Le meurtre du frère de Richard Teiril »
L’histoire se déroule le 20 juin 1614, dans les rues et un bureau de Leyde. Robert Crouts, fabricant de pipes, avertit son collègue Niclaes Claverly que le marchand anglais Richard Teiril le recherche. Richard soupçonne Niclaes du meurtre de son frère Edward, tué à Londres le 15 avril 1605. Le mobile du meurtre serait une dette impayée d’une demi-couronne qu’Edward devait encore à Niclaes. Ce dernier nie catégoriquement l’accusation et exige une rencontre immédiate pour laver son honneur.
Le lendemain, Richard se présente au bureau de Niclaes avec Robert, où ils sont reçus par l’épouse de ce dernier, Margaret. Lors de leur confrontation, Richard interroge Niclaes directement au sujet de la dette et de la date du meurtre. Niclaes avoue sa culpabilité, mais ne se souvient plus où il était ce jour précis de 1605. Margaret vient à son secours et lui rappelle qu’ils ont assisté au mariage de sa sœur à cette date. Niclaes fouille un tiroir de bureau et retrouve l’invitation originale au mariage, qui a eu lieu à Manchester le 16 avril 1605.
Comme le voyage de Londres à Manchester durait deux jours à l’époque, Niclaes et Margaret ont dû partir dès le 14 avril. Niclaes prouve qu’ils voyageaient au moment du meurtre et qu’ils ont passé la nuit dans une auberge à Birmingham. De plus, il fournit à Richart une liste de témoins, dont le pasteur, qui peuvent confirmer sa présence. Richart examine les preuves, conclut que ses soupçons étaient infondés et présente ses excuses. Il promet de laver l’honneur de Niclaes partout et repart poursuivre ses recherches. Soulagés, Niclaes et Robert décident de faire établir une déclaration officielle chez un notaire le lendemain.
Finalement, les hommes se rendent à l’auberge « Les Trois Harengs » pour célébrer leur succès et l’ingéniosité de Niclaes, passionné par la collection.
Résumé de « À travers la laine »
La pièce suit la froide marchande de tissus, Mme Le Rou, qui inspecte les différentes étapes de la production textile à Leyde et s’adresse à son personnel avec sévérité.
Les différentes étapes de la production
• Lavage de la laine : Aagje Bonte, laveuse de laine, piétine la laine de mouton avec ses pieds écorchés dans un tonneau d’urine (« pipi »). Mme Le Rou ne lui montre aucune pitié et lui ordonne de pédaler plus fort, car le temps, c’est de l’argent.
• Cardage : Neeltje Kanbier, cardeuse, demande une nouvelle planche à carder, car les pointes sont cassées. Mme Le Rou refuse de s’en charger et menace de déduire le coût de son salaire si elle n’allait pas la chercher elle-même au Lakenhal.
• Filage : Trijn Wolhuis, fileuse, est profondément offensée que la marchande de tissus, après des années de loyaux services, ne se souvienne même plus de son nom. Lorsque Trijn la traite d’imbécile arrogante, Mme Le Rou menace de l’envoyer directement à la filature. • Teinture : La teinturière Griet Lamjo a accidentellement teint la laine d’un mélange hétéroclite de couleurs, au lieu du bleu roi demandé. La drapière entre dans une colère noire, car cette erreur lui coûte une fortune.
• Tissage : La tisseuse Lijsje Regeer explique que la mauvaise qualité de la laine provoque des irrégularités et qu’elle peine à joindre les deux bouts avec son maigre salaire. Cependant, Le Rou balaie d’un revers de main ses plaintes, les qualifiant de paresse et de travail bâclé.
Le dénouement
À la fin de la pièce, Madame Le Rou se vante fièrement du statut de sa guilde et de leur projet de portrait de groupe par Rembrandt van Rijn. La lavandière Aagje interrompt son récit effronté et démasque la drapière devant le public. Elle conseille aux spectateurs d’aller voir ces visages par eux-mêmes plus tard au musée, où est accroché le célèbre tableau « Les Syndics ».
Résumé de Les Trois Rembrandt
Cependant, Rembrandt, âgé de 60 ans, est bientôt confronté à la dure réalité qui se cache derrière la gloire :
• Problèmes financiers : Accro au shopping et passionné par les objets de la VOC, il frôle la faillite. Son fils Titus et son associé Hendrikje Stoffels doivent alors le sauver en vendant ses biens.
• Drame personnel : Sa future épouse, Saskia, meurt avant son trentième anniversaire. La relation avec sa successeure, Geertje, se dégrade si violemment qu’il finit par la faire interner dans un hôpital psychiatrique. • Incompréhension du public : Le public traditionnel critique vivement ses compositions novatrices, ce qui lui fait prendre conscience qu’il peint non pas pour les masses, mais pour l’éternité.
Conclusion
L’aîné des Rembrandt partage de précieux enseignements sur l’importance de la tendresse envers les êtres chers et regrette de ne pas avoir achevé ses études. Ensemble, ils philosophent sur une lettre perdue de Constantijn Huygens, symbole de la douloureuse perte des petits souvenirs personnels. Ils concluent que la gloire, les dettes et les souvenirs finissent par s’évaporer, ne laissant que la toile comme témoignage de la vérité. À ce moment, les trois Rembrandt retournent à leurs toiles et reprennent leurs poses familières au ralenti.
Résumé : « Le monde était et est à lui »
L’histoire se déroule en 1656 et relate un tournant dramatique dans la vie de Rembrandt van Rijn. Accablé de dettes envers ses créanciers, partenaires commerciaux et connaissances, le tribunal des faillites d’Amsterdam ordonne la liquidation de ses biens. Un commissaire-priseur et son assistant, Adriaan, se rendent sur place pour dresser un inventaire complet des possessions de Rembrandt en vue d’une vente aux enchères publiques. Adriaan énumère les principaux créanciers, parmi lesquels Cornelis Jan Witsen et Geertje Dircx, qui a toujours droit à sa rente annuelle. Si Rembrandt est profondément affecté par la perte de son « univers », sa partenaire Hendrickje et son fils Titus tentent d’aborder la situation avec calme et réflexion.
Au cours de l’inventaire, diverses curiosités exotiques sont expertisées une à une. Des coquillages rares de la VOC provenant de l’océan Indien sont estimés entre 20 et 30 florins chacun. Titus fait remarquer qu’avec le recul, son père aurait pu acheter du pain avec cette somme. Une chouette empaillée d’Europe centrale est estimée à 40 florins, après quoi Rembrandt explique mélancoliquement que l’animal comprenait le silence de son atelier. Concernant une collection de pierres semi-précieuses estimée à 50 florins, le peintre explique que pour lui, ces pierres symbolisent les moments difficiles d’indécision ou d’espoir. Rembrandt tente de glisser discrètement une pierre dans sa poche, mais le commissaire-priseur et Adriaan la réclament immédiatement pour la vente.
Ensuite, un turban ottoman est estimé à 100 florins. Lorsque le commissaire-priseur le pose sur sa tête, Rembrandt, furieux, exige qu’il l’enlève, car pour lui, ce vêtement représentait l’évasion et l’imagination. Une statue classique d’un lanceur de disque est estimée à 150 florins. Hendrickje rappelle sèchement à son mari que, contrairement à eux, la statue n’a au moins jamais connu la faim. Finalement, une martre empaillée à l’odeur nauséabonde est estimée à 70 florins. Le commissaire-priseur fait le compte provisoire et insiste sur le fait que tout doit être vendu pour tenter de rembourser les dettes. Rembrandt est fou de rage, car les autorités ne voient en sa précieuse collection qu’une simple valeur marchande. Dans un accès de fureur, il fait voler de la table tous les documents officiels du commissaire-priseur. Finalement, sa colère s’estompe et, en larmes, il avoue avoir collectionné le monde entier par peur que le sien ne devienne trop petit, après quoi il s’enfuit en trombe. Hendrickje lance un regard glacial au commissaire-priseur et fait sortir les hommes de la maison avant le retour de Rembrandt.
Résumé : « La Maison de Jan Steen »
La pièce dépeint une maison chaotique et bruyante où les adultes donnent un mauvais exemple aux enfants. Le joueur de cornemuse Hans joue à plein volume, tandis que le père Gerrit continue de verser généreusement du vin. La mère, Vrouwtje, se plaint d’avoir la tête qui tourne à cause du bruit, mais le grand-oncle Jacob justifie la consommation d’alcool en déclarant qu’il faut bien boire là où l’on vit. Pendant ce temps, le jeune Maerten imite littéralement le comportement des adultes en arrachant la pipe de son grand-père. Grand-père Abraham explique que vieillir est naturel, mais que le contentement et la paix s’acquièrent avec la pratique. La petite Grietje rétorque sèchement que son grand-père aurait apparemment dû s’entraîner davantage.
L’oncle Jacob, un peu éméché, affirme alors que les enfants ont au moins bien observé s’ils apprennent quelque chose de mal, ce que Grietje trouve absurde. La voisine, Lijsbeth, entre alors, prend un journal et, avec son regard critique d’observatrice extérieure, constate que la situation est loin d’être idéale dans cette maison. Le peintre Jan Steen entre alors, muni de son pinceau, de sa toile et de son chevalet. Il perçoit la situation familiale comme un véritable scandale et décide de la peindre sur-le-champ, car les scandales marquent davantage les esprits une fois encadrés. Jan Steen croque les personnages tels qu’ils sont : du père à l’ivresse incontrôlée au grand-père fumeur, en passant par la mère attentionnée. Ce faisant, il observe avec émotion comment le jeune Maerten imite les mauvais comportements qui l’entourent.
Grietje s’inquiète alors, se demandant si les enfants ne deviendront pas, plus tard, comme les adultes. Jan Steen l’avertit que, par pure malchance, c’est fort probable, à moins qu’ils ne prennent conscience de cette folie à temps et ne réfléchissent par eux-mêmes au lieu de se contenter d’imiter. Suite à cette remarque, une brève discussion s’engage entre les adultes quant à la réduction, voire l’élimination totale, de l’alcool dans la famille. Pendant ce temps, la voisine Lijsbeth persiste à croire que toute la maisonnée respire la folie. Finalement, Maerten demande s’il peut rester ainsi pour toujours, ce que le peintre lui confirme. Hans joue une longue note de cornemuse, figeant tout le monde sur place, dans la pose du tableau. Jan Steen conclut la pièce par un miroir moralisateur où l’on voit d’abord les gens rire et nier que les choses se passent ainsi chez eux, sous la devise : « Ce qu’on apprend dans sa jeunesse, on le pratique dans sa vieillesse ! »
Résumé : « Ce qui ronge le troupeau à Leyde »
La pièce se déroule à Leyde en 1626, en pleine épidémie de peste, où plusieurs procès ont lieu.
Le Dératiseur s’ouvre sur un monologue évoquant la peur, les mensonges et les abus liés à la peste.
La première affaire concerne la marchande Anna de Rijke, qui vendait des textiles contaminés.
Un témoin atteste que sa fille est morte après avoir porté un manteau contaminé.
La marchande se défend en invoquant les lois du commerce, mais elle est reconnue coupable.
Sa marchandise est brûlée et elle est bannie de Leyde pour six mois.
Le Dératiseur dénonce la moralité et la cupidité qui règnent dans la ville.
La seconde affaire concerne deux prostituées qui ont enterré illégalement un client.
Le médecin de la peste déclare que l’homme n’est pas mort de la peste, mais de causes naturelles.
Malgré tout, les femmes sont condamnées à dix jours de prison pour avoir enfreint la loi.
Le troisième cas concerne le gardien Jacobus Favier, qui a ouvert la porte de la ville après l’heure de fermeture en échange d’un paiement. Il prétend avoir agi par pitié, mais est reconnu coupable.
Favier est renvoyé, doit rembourser la somme perçue et se voit interdire l’accès à Leyde à nouveau.
Pendant l’audience, Willemien van Engelen crie depuis le public que la peste est exagérée.
Elle plaide pour la poursuite des travaux et évoque l’« immunité collective ».
Elle est chassée, après quoi le Dératiseur médite une fois de plus sur la vérité et le déni.
Le dernier cas concerne la pharmacienne Adriana van Foreest, qui vendait de faux remèdes contre la peste.
Des témoins attestent que ses remèdes étaient inefficaces et qu’elle pratiquait des prix exorbitants.
Le tribunal la condamne à une lourde amende et lui interdit de vendre des remèdes contre la peste.
L’audience se termine, après quoi le Dératiseur s’adresse au public et déclare que peut-être nous sommes tous des rats.